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Elle nous regarde, mystérieuse, et son regard semble nous suivre; Nous avons été très touché
par ce sourire et ces yeux si doux. On l’appelle la Joconde. |
La Joconde est sans doute le tableau le plus contemplé au Monde.
Elle a passé toutes les modes, les styles, les époques et son succès d'hier
aujourd’hui n'est pas terni. Mais
on ne peut trouver beaucoup
d’autres peintures de Léonard de Vinci ; on n'en compte seulement qu'une
douzaine.
Léonard de Vinci, ce "touche à tout" inspiré que les italiens appellent Léonardo, a su pratiquer avec beaucoup de talent toutes sortes d’activités.
Nous avons admiré d’abord la beauté de ses tableaux, puis on a découvert une oeuvre gigantesque, des découvertes considérables pour l'époque. Il se passionne pour des activités n'ayant en apparence aucune relation entre elles. Ils les a toutes abordées aux hasards de sa vie.
Nous avons eu envie de connaître ses motivations, sa vie, pendant laquelle il s’est heurté à la jalousie, la solitude et l'incompréhension.
Cher léonard,
Nous avons fouillé dans ta vie et rien ne pouvait laisser prévoir que toi, fils d’une simple paysanne, et de Ser Piero da Vinci, notaire, né le 15 Avril 1452 dans le petit village d'Anchiano près de Vinci, à 50 km de Florence, deviendrait aux yeux de tous le plus grand génie de la Renaissance.
Tu passes les quatorze premières années de ta vie auprès de ton grand-père et de ton oncle, à la campagne, au milieu des animaux et des végétaux. Quatorze ans sans contraintes, sans école ! !!
Puis en 1466, tu rejoins ton père à Florence.
C’est le début d'une existence pleine de rebondissements.
Ton père, s'apercevant de son don pour le dessin, décide de te mettre en apprentissage dans l'atelier de Verrocchio,
artiste célèbre à Florence. Tu y reçois une formation d’ingénieur,
d'anatomiste, de sculpteur et bien évidemment de peintre, formation que tu
complètes auprès des différents "techniciens" locaux . C'est
Verrocchio qui te fait rencontrer Laurent de Médicis. Celui-ci te
commandera l'Adoration des Mages (1481) . Il te conseillera aussi de
proposer tes services à Ludovic Sforza, Duc de Milan, qui, séduit par
tes talents, t'accepte au sein de sa cour milanaise luxueuse et raffinée .Tu
quitte Florence en 1482 pour Milan et laisse derrière toi des
oeuvres inachevées.
Pendant ton séjour à Milan, tu t’occupes d'architecture et de machines de guerre, de l'organisation de nombreuses fêtes somptueuses, mais tu ne délaisses pas pour autant ton art : Tu as commencé à peindre la Vierge au Rocher puis la Cène. Tu as commencé ton traité sur la peinture et tu fais des études pour une statue équestre qui doit être érigée à la gloire des Sforza. Tu fais la connaissance de plusieurs savants. Tu approfondis tes recherches sur l’anatomie de l’hommes grâce à des dissections que tu réalises malgré les interdictions. .
Tu repars ensuite
pour Florence. Tu poursuis tes études et les essais de ta machine
volante.
Pendant cette période, tu peins la Joconde en 1505 et tu reprends tes études
anatomiques. Tu améliores ta technique de dissection et la figuration des différents
plans des organes .Tu projettes même de publier tes manuscrits anatomiques en 1507.
Mais, comme pour la majorité de ton oeuvre, tu n’as pas pu aller jusqu'au
bout .
Tu es déçu et rejeté par les autorités italiennes, tu te rapproches alors
des
représentants français. Tu fais
la connaissance de Francesco MELZI, jeune homme de bonne famille
qui restera ton fidèle compagnon jusqu'à la fin de ta vie et qui sera ton héritier.
Les hostilités reprennent entre Italiens et Français et, à la mort de Charles
d'Amboise, les troupes françaises quittent Milan. Toi, qui t’étais compromis
avec les Français, tu pars alors pour Rome afin de te mettre sous la protection
de Jean de Médicis qui vient d'être élu Pape sous le nom de Léon X
.
Tu y reprends tes études d'anatomie, mais tes autopsies choquent et tu es
accusé de sacrilège par l'Église, qui t’ interdit de continuer.
Malheureusement tes protecteurs disparaissent ; Julien de Médicis meurt
en 1515 puis Léon X t'abandonne en 1516 . Tu te retrouves alors tout
seul, en proie aux critiques de tous.
Après la bataille de Marignan, François 1er s'empare
du Milanais, et tu
demandes la protection au roi de France .Celui-ci grand
admirateur des artistes et en particulier de toi, t’ attribue une rente et
t’invite à quitter ta terre natale. Ce que tu fais en t'installant, en 1516,
au manoir de Clou près d'Amboise.
Là-bas, tu reçois la visite de nombreux admirateurs. Tu continues quelques
études de géométrie, d'architecture et tu achèves quelques tableaux .
Sentant "venir ton heure", tu fais établir ton testament le 23 avril
1519 et tu t’éteins le 2 mai 1519 .
Léonard de Vinci a été enterré dans la chapelle du château de Clou, qui
fut détruite pendant la Révolution Française ainsi que son tombeau.
Des 67 ans de son oeuvre de peintre, il ne subsiste que douze tableaux
alors qu'il a griffonné des milliers de dessins Pour lui le dessin est le seul
vrai moyen de communication. La nature le passionne; il suffit d’observer le
fond de ses tableaux pour le comprendre.
Il extrapole et généralise
quelquefois même de façon hasardeuse .
L’ampleur de son œuvre est impressionnante. Il a le souci
de tout comprendre, de tout reproduire, afin de tout prouver.
Ses carnets sont des fatras de notes courtes, concrètes, écrites à
la plume noire, d'une écriture tracée de droite à gauche en caractères
inversés "alla mancina" indéchiffrables pour le sinon
à l'aide d'un miroir .
Il utilise un papier rarement blanc, le plus souvent bleu-vert ou
bistre, plus ou moins rugueux et de mauvaise qualité. Les dessins y
sont tracés soit à la pointe d'argent, soit à la craie noire ou
rouge, soit à la plume .
Comme il n’est pas allé à l’école, il possède mal le latin et
le grec littéraire et il est le premier à le déplorer .Cela lui sera
très souvent reproché par les autres artistes de l'époque, comme Michel-Ange.
De ce fait, il reste seul et dialogue difficilement avec les autres
savants de son époque .
Il note donc son savoir en Toscan populaire sur des milliers de
feuillets épars qu'il tentera de regrouper et de classer.
L'ensemble de l’œuvre anatomique de Léonard fut réalisé entre 1479 et 1513 ; il la retoucha inlassablement jusqu'à la fin de sa vie. Léonard n'est pas le premier à travailler ni dans le domaine de la recherche, ni dans celui du dessin anatomique, dont les premières recherches remontent à l'antiquité. Déjà, au Moyen-age, les médecins découvrent les rudiments de l'anatomie ; ils les enseignent dans des écoles de Médecine. De même peintres et sculpteurs connaissent bien l'anatomie. Mais, le travail de Léonard va beaucoup plus loin. D'abord, après l'étude de surface nécessaire à son art, il s'attaque à l'anatomie des organes profonds .
Assimilant l'homme à une machine il cherche la fonction des organes qu'il décrit, s'acheminant ainsi vers la physiologie .
Il s'aide, évidemment, de travaux déjà existants qui n'apportent aucune réponse satisfaisante à ses préoccupations : il doit donc tout reprendre . Il contacte des anatomistes des écoles de Mantoue et de Padoue, assiste à des dissections et en pratique lui même. Travaillant sur des animaux, extrapolant, appliquant les conclusions de ses observations à l'homme, il commet ainsi quelques erreurs.
Grâce à toutes ses observations, il aboutit à des résultats étonnants, qu'il transcrit merveilleusement sous forme de dessins . Il est le premier à pratiquer et à dessiner des coupes dans des axes différents permettant de visualiser le rapport des organes entre eux . Il insiste sur le rôle fondamental des vaisseaux et des nerfs, ignoré jusqu'alors, mais indispensable pour la physiologie. Ses constatations sont notées sous forme de dessins avec perspective, idée de relief, sous plusieurs angles, donnant ainsi une impression saisissante de réalité. Chaque schéma est en lui même un chef d’œuvre.
Mais le dessin n'est pas encore reconnu par les anatomistes officiels qui lui préfèrent les descriptions écrites. Léonard fut gêné par le problème du vocabulaire pour faire ses descriptions et ses dessins, il attribua donc des lettres alphabétiques. Cette difficulté ne l'a pas empêché de poursuivre son travail, de découvrir et de prouver, mais, il n’a pu s'opposer à toutes les idées héritées du Moyen Age, approuvées par l'Église. Certaines de ses découvertes n'ont été vérifiées que plusieurs siècles plus tard.
Voici des exemples d’inventions de l'ingénieur inventeur :
· les machines de levage de charges ou de l'eau : un treuil avec vis sans fin, un cric à crémaillère, un appareil avec vis sans fin pour le pompage de l'eau, des poulies multiples.
· les machines de mesure : un anémomètre pour mesurer la vitesse du vent, un hygromètre pour la mesure de l'humidité de l'air, un podomètre pour la mesure des distances.
· les engins utilitaires : une butée à billes, un crochet libérant automatiquement une charge à son arrivée, une clef articulée, un marteau pilon (sonnette), une grande échelle auto-élévatrice, un bateau à propulsion par roues à aubes.
· les engins pour voler dans les airs : un profil d'aile, un hélicoptère, un parachute.
Dessins
de machine volante - v. 1485

Plume et encre / 230
x 160 mm
Oiseaux planant en
exploitant les courants aériens - v. 1505
Etude
d’une grande aile aux extrémités
manœuvrables
v. 1480 / 1500

Extrait du Codex Atlanticus
Bibliothèque Ambrosienne – Milan

· les engins de mécanique : des engrenages droits et coniques, une turbine hydraulique, une transformation du mouvement oscillatoire en mouvement circulaire.
· les machines de guerre : un char d'assaut, une catapulte, un pont roulant.
Pour écrire aux auteurs: direct.ecoledoue@free.fr
Pour en savoir plus: http://artdevinci.free.fr/
Les auteurs: Fabien, Benjamin, Gaylord, Benoit (CM2 - Doue)